43-Dans le bain

Abbie avait prévu une nuisette rose tendre avec de fines bretelles et un volant en dentelle. C’est bien elle ça, oublier un accessoire aussi important, qu’elle avait choisi avec tant de soin ! Elle ouvre les tiroirs de la commode, contrariée. Il n’y a pas grand-chose en matière de vêtements, c’est vrai que ce n’est pas ici qu’Adrien passe le plus clair de son temps. Elle tombe sur un pyjama en coton rouge à rayures ciel. « Mon Adrien peut porter un truc pareil ? » Elle le déplie. Bien sûr il est trop grand mais qu’importe, au moins elle n’aura pas froid ! Elle se débarrasse de tous ses vêtements, s’enroule dans une grande serviette, récupère le pyjama, ramasse ses affaires de toilettes et va dans la salle de bain. Elle referme la porte derrière elle et se contemple dans le grand miroir fixé au dos de la porte.

« Ma pauvre fille ! Jusqu’où as-tu été ? Tu es pathétique… et géniale tout de même ! Il ne manque que ma jolie nuisette !»

Elle se fait couler un bain avec un savon moussant, pendant ce temps elle se démaquille et se brosse les dents. Quand le bain est prêt, elle se glisse dedans et soupire d’aise. Elle est tellement heureuse d’être là, dans sa famille, près de lui. Ses parents sont sympathiques. Tout s’est déroulé comme dans un rêve. Cela a été si facile ! Que va-t-il se passer demain ? Qu’importe ! Elle ferme les yeux et rêvasse, imagine leurs retrouvailles au petit déjeuner, la journée qu’ils partagent, des promenades joyeuses, un tête à tête dans un café et puis lui qui se penche vers elle… Non ! Encore mieux, il entre dans la salle de bain, se penche pour l’embrasser et ses bras plongent dans la mousse pour la soulever et la porter jusque dans sa chambre, sur son lit et là, là il la recouvre d’un drap qui vient se coller sur son corps et ses mains se posent sur elle et il l’embrasse. Elle sourit dans son bain, émerveillée par de si douces pensées.

Adrien embrasse ses parents et se dirige directement dans la salle de bain. Il se déshabille, se tourne vers la baignoire et sursaute à la vue d’Abbie somnolant dans le bain. Il fait tomber son gel douche, Abbie se réveille et pousse un cri de stupeur. Il se saisit d’une serviette qu’il met devant lui.

  • Abbie ! Mais qu’est-ce que tu fais là ?

Elle le regarde avec de grands yeux, éberluée.

  • A ton avis ?
  • Mais t’as vu l’heure !

Elle s’est recroquevillée dans la baignoire, il n’y a plus de mousse, elle attrape la bouteille qu’elle vide dans l’eau qu’elle remue.

  • Tu peux arrêter de te rincer l’œil ?
  • Je ne pouvais pas deviner que tu étais encore debout.
  • Ce n’est pas le cas ! Tu aurais pu frapper avant d’entrer !
  • Je croyais que tu dormais !
  • Et la lumière, ça ne t’a pas interpelé ?

Il hausse les épaules, piteux. Elle le regarde et éclate de rire. Adrien, exaspéré, lui lance sévèrement.

  • Au lieu de rigoler bêtement, tu ferais mieux de sortir de là et de te rhabiller !
  • Pour ça il faudrait que tu sortes !

Elle regarde la porte en riant toujours. Il suit son regard et se rend compte que le miroir dévoile toute son anatomie de dos. Il enroule la serviette autour de lui, vexé.

  • Allez Adrien, ce n’est pas grave ! Tu as vu mes seins, j’ai vu tes fesses ! On est quitte !

Abbie n’arrête pas de rire tout en agitant l’eau pour recréer de la mousse.

  • J’ai un peu froid, là. Tu veux bien sortir que je puisse me sécher ?

Il ramasse ses vêtements, ressort furibard de la salle de bain avec sa serviette enroulée dont il tient un pan tel un romain, et tombe sur sa mère.

  • Qu’est-ce qui se passe ?
  • Rien maman !

Elle entend Abigail qui rit encore dans la salle de bain.

  • Tu aurais pu me dire que vous étiez ensemble, ça ne m’aurait pas dérangée, vous n’êtes plus des enfants, et puis elle est mignonne cette petite.
  • Avec cette enquiquineuse ? Tu plaisantes ! Il embrasse sa mère. Il faudra mettre un verrou à cette salle de bain !

Adrien redescend au rez de chaussée. Il jette ses habits sur un fauteuil, s’enroule dans le drap que Mathilde lui a laissé et se jette sur le canapé. Il est agacé, mais en repensant à ce qui vient de se passer, il ne peut s’empêcher de sourire. La tête qu’Abbie a faite en le voyant valait probablement la sienne ! Il est un peu troublé par ce qu’il a aperçu de la nudité d’Abbie. Quant à elle, elle n’ignore plus rien de son anatomie ! Il n’est pas pudique mais tout de même, se faire reluquer par une fille qui rigole, c’est énervant.

©lenferdudecor

44-Juste une respiration

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