27-Au centre de videosurveillance

Terry se trouve dans le centre de vidéosurveillance des studios Média. Plusieurs caméras pointent le hall principal, les couloirs, les accès des plateaux et des régies ainsi que les parkings. Les deux gardiens, bedonnants et avachis dans leur fauteuil, échangent un regard. Terry insiste.

  • Vous êtes sûrs que vous n’avez rien remarqué hier soir ?
  • De quoi tu parles au juste ?
  • Je ne sais pas… Un incident quelconque ?
  • Pourquoi il se serait passé quelque chose ?
  • Mais je ne sais pas. Je vous le demande !
  • Et pourquoi tu nous demandes ?
  • Arrêtez ce petit jeu les gars, j’ai une intuition, j’ai besoin de savoir. Allez, déconnez pas. Vous pouvez bien me le dire !
  • Mais tu le gardes pour toi sinon t’auras de nos nouvelles !
  • Je n’en parlerai à personne je le jure.
  • On te connait. On te croit. C’est vrai qu’il s’est passé un truc bizarre figure-toi.
  • Oui, va savoir pourquoi les écrans de contrôle du parking se sont trouvés figés sur une image sans qu’on s’en soit rendu compte.
  • On risque des problèmes tu comprends mais tu sais, l’image était nette, et c’est vrai qu’on n’a pas fait assez gaffe.
  • C’était mon anniversaire hier, on mangeait du gâteau tu vois le genre. Les potes ont téléphoné, les enfants, les collègues, les…
  • Venez-en au fait les gars.
  • Quand les images se sont remises en mouvement, là on s’est rendu compte qu’il y avait eu un problème. D’une image vide on s’est retrouvé avec un attroupement et des policiers !
  • Mais pourquoi les images étaient-elles arrêtées dans les écrans sans que vous puissiez vous en rendre compte ?
  • On sait pas nous ! Peut-être que les types qui ont agressé le mec dans le parking avaient un système pour ça.
  • On sait pas qu’on te dit ! On mangeait du gâteau…
  • Si près de la retraite on risque notre place !
  • Vous dites qu’il y a eu une agression ?
  • Ça oui ! Raymond guette l’assentiment de son collègue. Un animateur je crois.
  • Pas très connu sans doute sinon on serait pas là pour t’en parler !
  • Un inspecteur nous a questionné, on lui a dit ce qu’on vient de te dire.
  • Même l’anniversaire et tout ça. Et ils nous ont demandé d’être discrets, ils font une enquête.
  • Vous avez l’enregistrement ?
  • Non, la police l’a pris.
  • Ne me racontez pas n’importe quoi ! Vous n’allez pas me faire croire que la police a pris la bande ! Vous leur avez fait une copie mais vous avez gardé l’enregistrement sur un disque sécurisé ! Non ?

Les deux compères affichent un grand sourire devant l’air soucieux de Terry.

  • Je boirais bien une petite bière, pas toi ?

Raymond hoche la tête.

  • Ça oui ! C’est une riche idée !
  • Moi aussi j’en boirais bien une ! Terry leur sourit, complice. Mais d’abord confessez-vous les amis, on trinquera après et… Il met un doigt sur sa bouche …motus bouche cousue ça restera entre nous je le jure sur le pack de bière que je vais aller chercher après !
  • C’est bien parce que c’est toi Terry et qu’on te connait.
  • Allez ! Y’a pas de malaise ! Je veux juste voir la tête du gars, je me demande si c’est pas un copain… J’aurais vraiment besoin de le savoir. C’est important.
  • Tu sais qu’on n’a pas le droit de te montrer ces images ? On pourrait se faire virer si tu en parlais, tu comprends ?
  • Vous êtes sympas les gars, ça ne sortira pas d’ici. Je serai discret. Vous pouvez me faire confiance.

L’un des types ouvre un fichier dans l’ordinateur, puis un dossier.

  • Il n’y a que les gens de la sécu et la police, qui ont le droit de visionner ces images, ne l’oublie pas…
  • Ne nous crée pas de problèmes.
  • Je vous jure les gars que personne n’en saura rien !

L’homme clique sur la date de la veille. Une vidéo s’affiche sur l’ordinateur qu’il valide en plein écran. La vidéo démarre. L’image est d’abord fixe mais elle est nette, on pourrait croire qu’il ne se passe tout simplement rien dans le parking, puis subitement elle change, à la place du parking vide apparait distinctement des policiers qui s’agitent, les pompiers prennent soin d’un homme, une femme tourne le dos et discute de façon animée avec un inspecteur semble-t-il.

  • Cette silhouette… Cette veste… Je connais cette femme… Et le type-là, on ne le voit pas mieux ?

Raymond accélère le visionnage.

  • Là peut-être…

La femme s’est écartée. Le visage de l’homme capte la lumière jaune et glauque du parking. Il lève la tête vers la femme.

  • Arrête l’image là !

Terry se rapproche de l’écran.

  • Pourquoi ce con-là ne m’a pas dit la vérité ?

Adrien, le visage pâle et marqué, est reconnaissable malgré la mauvaise qualité de l’image et de l’éclairage.

  • Tu as ta réponse ?

Terry est contrarié.

  • Fermez les fichiers. Merci les gars. Je vais de ce pas m’acquitter de ma dette !

 

©lenferdudecor

28-Souviens-toi!

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