26-Confrontation

Terry entre dans la loge d’Adrien.

  • Il faut que je te parle. J’ai trouvé ça dans le parking.

Il lui tend son casque de moto. Adrien le saisit sans quitter Terry des yeux.

  • Et alors ?
  • Va savoir pourquoi il traînait par terre. C’est le tien, non ? Et ça aussi…

Il sort de sa poche la clef de la moto ornée d’un anneau d’où pend un os en plastique rouge. Il hausse le ton.

  • C’est à toi, non ? Je ne pense pas me tromper…

Terry se tait et attend. Adrien la prend et le regarde froidement.

  • Et alors ?
  • Et alors ? Alors j’ai vu ta moto aussi, qui pour une moto accidentée se porte plutôt bien ! Tu n’as même pas eu l’intelligence de la laisser chez toi ! On peut dire que t’es gonflé ! Bien sûr tu peux m’expliquer ce que c’est que ce bordel !
  • Je peux savoir de quel droit tu me parles sur ce ton ? Et de quoi tu te mêles d’abord ?
  • Je me mêle que c’est moi qui suis emmerdé quand tu arrives en retard.
  • Tu ferais mieux de rentrer chez toi.
  • Monsieur fait le gars qui a eu un carton alors qu’il a peut-être juste picolé un peu trop la veille et s’est castagné avec un …
  • Ferme-la !
  • Alors vas-y ! Explique !
  • Mêle-toi de tes oignons !
  • On a pris beaucoup de retard sur ce tournage à cause de toi. Pourquoi raconter des bobards ? Y’a un truc qui cloche avec toi ! On s’est inquiété alors que tu nous mènes en bateau ! Si la prod apprend ça…
  • Va donc les prévenir puisque tu sais tout ! Maintenent casse-toi !
  • C’est moi qui réorganise le tournage quand on prend du retard et c’est à moi qu’on demande…
  • Tu l’as déjà dit et puis me fais pas chier c’est ton boulot !
  • Ça regarde la production si tu déconnes !
  • C’est toi qui déconne !
  • Pas si vite mon vieux !

Terry le saisit fermement par le bras. Adrien se dégage de son étreinte. Terry aperçoit une trace violacée dans son encolure, il écarte le tissu et se rend compte qu’il s’agit d’une marque de coup.

  • Qu’est-ce qui se passe ? Sa voix s’adoucit. C’est quoi ça ?
  • Fous-moi la paix !

Adrien l’a repoussé brutalement. Marc Labas entre dans la loge

  • Oh là les gars, on vous entend du couloir ! Quelque chose ne va pas ?

Adrien et Terry se regardent en chiens de faïence.

  • C’est rien Marc. Il faut que j’y aille. A demain !

Terry sort contrarié de la loge et téléphone.

  • Raymond ? Qui est-ce qui était de garde hier soir ?… J’arrive !

Dans la loge, Marc Labas observe Adrien curieusement.

  • Vous vous engueuliez !…
  • A cause de mon retard.
  • C’est vrai que tu aurais pu prévenir…
  • C’est bon, je me suis déjà excusé. Il n’a pas à me parler sur ce ton ! Pour qui il se prend ce connard… Il ferait bien de rester à sa place, il commence à m’emmerder celui-là à être tout le temps sur mon dos !

Labas comprend qu’il vaut mieux ne pas s’éterniser. Il se dirige vers la porte.

  • On reparlera de tout ça un autre jour, à tête reposée.
  • C’est pas la peine.
  • Tu as eu Maxime au téléphone ?
  • Je me suis engagé à ne plus prendre la moto pour l’instant.

D’un signe, Labas lui montre le casque posé sur la table de maquillage. Devant le regard agité d’Adrien, il n’insiste pas.

  • Allez mon gars, je te laisse. Ça ira mieux demain.

Il sort. Adrien se saisit de son casque et le jette avec force dans la poubelle qui se renverse. Il s’installe dans le fauteuil, pose les pieds sur la table basse et s’enfouit le visage dans les mains. Il se perd dans ses pensées. Il aurait bien mis son poing dans la figure de Terry, claqué la porte au nez de Labas et puis il en a marre de ce tournage. Marre !

  • Ça va ?

Adrien sursaute et aperçoit Abigail qui passe la tête dans l’entrebâillement de la porte.

  • Tu me demandes tout le temps si ça va ! Oui ça va ! Ça se voit non !

L’agressivité d’Adrien déstabilise Abbie.

  • C’est normal de s’inquiéter pour quelqu’un qu’on apprécie.
  • Alors arrête un peu de m’apprécier ! J’en ai marre que vous soyez tous après moi ! Bonsoir !

Elle le regarde, pétrifiée. Il soutient son regard, froidement. Elle sent son cœur se serrer, sa vue se brouiller et sa gorge se nouer. Il a raison, elle devrait le laisser tranquille. Comment a-t’elle pu s’imaginer une seule seconde qu’il pourrait la considérer au point de devenir amis.., La dureté de sa voix, son regard mauvais… Elle ne le reconnait plus. Elle ne se reconnait plus. Il est si vite devenu son horizon, son rayon de soleil et son orage ! Bien sûr lui ne peut pas imaginer cela, il est bien trop centré sur lui-même, lui qui d’un claquement de doigts les fait toutes arriver en courant. Elle quitte la loge. Adrien lève les yeux au ciel.

  • Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à me faire chier ?

©lenferdudecor

27-Au centre de surveillance

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